Scrutin du 4 mars/ Après le Facilitateur Blaise Compaoré
Obasandjo et l’Union africaine valident le hold-up de Faure Gnassingbé
« Blaise Compaoré félicite Faure avant même la proclamation des résultats définitifs », titrions-nous dans la parution d’hier. Nous dénoncions ainsi, nous fondant sur une lettre de félicitation qu’a envoyée le Facilitateur à son pair togolais, la sortie que nous avons qualifiée d’ignominieuse et d’irresponsabilité de Blaise Compaoré du fait qu’il congratule Faure Gnassingbé avant la sortie des résultats définitifs. On ne croyait pas si bien dire. C’est la fameuse Union africaine qui vient de lui emboîter le pas.
La Commission de l’Union africaine (UA) a donc validé la réélection de Faure Gnassingbé. C’est à travers un communiqué daté d’hier mardi 09 mars. Elle s’est fondée sur les conclusions de sa mission d’observation arrivée au Togo le 23 février et qui a quitté le lundi 8 mars, conduite par le lugubre Olusegun Obasanjo. La mission de l’UA « exhorte les contestataires à recourir aux voies légales pour se faire entendre », et l’heureux élu, « à tendre la main à tous au nom des intérêts de la nation »
Violence des forces de sécurité sur les leaders de l’opposition
Plusieurs responsables et militants de l’opposition arrêtés
Pour la deuxième fois consécutive, une manifestation du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) a été violemment dispersée par les forces de l’ordre.
Blaise Compaoré félicite Faure avant même la proclamation des résultats définitifs
Les Togolais se sont rendus aux urnes le jeudi 04 mars dernier pour élire celui qui devra conduire aux destinées du pays durant la mandature 2010-2015. Quarante-huit (48) heures après, le verdict est tombé. Les résultats ont été rendus publics à travers un scénario rocambolesque, mené de mains de maître par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales et Porte-parole du Gouvernement Pascal Bodjona, et c’est son mentor Faure Gnassingbé qui a été proclamé vainqueur de l’élection, avec 60,92% des suffrages. Alors que la procédure de proclamation a été viciée sur toute la ligne et les résultats donnés suscitent la contestation au quotidien dans le pays, le Facilitateur Blaise Compaoré s’est empressé d’écrire à Faure Gnassingbé pour le féliciter.
« Si on avait ôté à ce qu'on appelle force le désir de conserver et la crainte de perdre, il ne lui resterait pas grand-chose » (Duc de La Rochefoucauld, Maximes)
Nous ne cesserons jamais de le dire. La Force sécurité élection présidentielle (FOSEP) financée par l’Union européenne n’est pas une force indépendante qui sait se mettre au-dessus de la mêlée. Mais chaque jour qui passe et vu la manière dont elle gère les mouvements d’humeur, elle donne l’impression qu’elle ne sert que le seul pouvoir et qu’elle est prête à préserver les intérêts de ce dernier. Comment peut-on comprendre qu’une force qui se dit neutre, puisse boucler le siège d’un parti légalement constitué et empêcher ses responsables de s’y rendre ? C’est malheureusement à ce triste spectacle qu’on assiste à Lomé depuis la proclamation des résultats provisoires. Le comble, c’est que la FOSEP n’hésite pas à balancer dans les locaux de l’UFC ainsi que dans les maisons avoisinantes, les redoutables gaz lacrymogènes qui font pleurer tout le monde et font gratter le corps dans le quartier. Quant au candidat Jean-Pierre Fabre, il en reçoit régulièrement. Comme quoi au Togo où tout se fait à l’envers, ceux qui se sentent lésés n’ont pas le droit d’extérioriser leurs jérémiades.
Pendant que le RPT célébrait sa victoire et se moquait des contestataires en arguant que ceux-ci ne disposent pas de preuves pouvant attester leurs allégations, les éléments de la FOSEP sont allés hier assiéger le lieu de centralisation des résultats du Front républicain pour l’alternance et le changement (FRAC) sis à Tokoin Séminaire. Le local a été vidé de tous les documents électoraux (procès-verbaux du dépouillement public, des Commissions électorales locales indépendantes) et la dizaine de personnes qui s’y trouvaient, arrêtées. La descente musclée de la FOSEP a failli polluer l’environnement dans ce petit centre religieux. Même Mgr Nicodème Barrigah, le prélat qui dirige la fameuse Commission Vérité, Justice et Réconciliation, était présent sur les lieux et ne put s’empêcher de lâcher aux journalistes : « c’est pénible ».
C’est vraiment pénible quand ce sont ceux qui proclament partout avoir remporté les élections de façon loyale qui s’emploient à détruire les éléments de preuve des contestataires. De quoi a-t-on peur ? Ces agissements ne jettent-ils pas du discrédit sur la « brillante et démocratique accession à la magistrature suprême » de Faure Gnassingbé, si on se réfère au message de félicitation hâtif du président du Faso ?
En outre, le responsable de la FOSEP est dans ses droits quand il a tenté d’éclairer les lanternes des Togolais sur ceux qui ont été interpellés dans le cadre de l’élection présidentielle du 4 mars. C’est à tout à fait normal. Mais pourquoi s’échine-t-il alors à parler à tout moment « d’amulettes » qui rendraient les jeunes interpellés « invulnérables lors des affrontements avec les forces de l'ordre » ? Avec tous les observateurs internationaux présents dans notre pays, il peut faire économie de ces déclarations. Sinon, les gens se moquent de nous en se marrant : « Quelles sont ces histoires d’amulettes » ?
Zeus AZIADOUVO
Dépêches
09-03-2010 22:06:11
Politique
Résultats de la présidentielle du 4 mars
Des anomalies monstrueuses décelées dans les chiffres publiés par Taffa Tabiou
Dans un article paru hier dans notre journal et intitulé : « Années après années, de si curieuses coïncidences dans les chiffres », nous déclarions qu’il n’est pas facile de mentir, ni de tricher, parlant de la présidentielle de juin 1998 à l’occasion de laquelle, pour sa première participation à une élection, le raz de marrée électoral réalisé par l’Union des forces de changement (UFC) avait été si terrible et si effroyable pour le Pouvoir, qu’il avait fallu des pressions. Ces pressions ont été exercées sur la personne de la présidente de la Commission électorale d’alors, en vue de l’amener à ne pas publier les vrais résultats.
« Le Président sortant ne pourra continuer à gouverner le Togo par la coercition et la violence »
Dans une déclaration rendue publique le dimanche 7 mars, le président de OBUTS, Messan Agbéyomé Kodjo, lance un appel à la communauté internationale ainsi qu’à tous les Togolais. « OBUTS s’appuie sur « l’exhortation » du Secrétaire Général de l’ONU, pour exiger le réexamen complet de l’ensemble des pièces et des actes administratifs du scrutin, sous surveillance internationale et celle de l’ensemble des partis politiques ayant présenté un candidat, et lance un vibrant appel aux Nations Unies, afin qu’elles acceptent, en cas de sérieux doutes, d’organiser un nouveau scrutin équitable et sincère pour permettre une véritable expression démocratique du peuple togolais ! », a-t-il dardé. Lecture.*
Scrutin du 4 mars / Scénario rocambolesque d’avant la proclamation des résultats
Pascal Bodjona parachève le hold-up électoral au profit de Faure Gnassingbé
On prend les mêmes et on recommence. Le candidat « indépendant » du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) est l’«heureux élu » du scrutin présidentiel du jeudi 4 mars dernier. Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur samedi, à l’issue d’un scénario rocambolesque digne d’un Etat-voyou. Selon les résultats proclamés par Pascal Bodjona, que dis-je, la Commission électorale nationale indépendante (CENI), il est crédité de près de 61 % des suffrages exprimés, devant son principal challenger Jean-Pierre Fabre du Front républicain pour l’alternance et la changement (FRAC) qui s’est vu flanquer 34 %. Cette « victoire », Faure Gnassingbé la doit non à Taffa Tabiou, mais au ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, son «excellentissime» Pascal Bodjona. Toute la manœuvre qui a abouti à la proclamation des résultats porterait son seau.